Stage de seconde « un élève, un stage » : dates, démarches et obligations
La rédaction de Monde Pluriel · 7 novembre 2026 · 8 min

Le stage de seconde tombe en plein mois de juin, quand le lycée se vide pour cause d’épreuves du baccalauréat, et il se prépare dès l’automne. Il ne ressemble ni au stage de troisième ni à un job d’été : une convention en bonne et due forme, des horaires bornés par le code du travail et aucune rémunération possible. Les familles qui ignorent ces règles découvrent souvent trop tard qu’un accord verbal avec une entreprise ne suffit pas pour partir.
En bref.
- Le stage de seconde est une séquence d’observation en milieu professionnel de deux semaines, obligatoire pour tous les élèves de seconde générale et technologique ; en 2026, elle a eu lieu du 15 au 26 juin inclus (service-public.gouv.fr, Éduscol).
- Une convention signée par le chef d’établissement et la structure d’accueil est obligatoire (article D. 331-3 du code de l’éducation), et la plateforme 1élève1stage fournit le modèle.
- Aucune rémunération ni gratification n’est possible : l’élève reste sous statut scolaire.
- Deux dispenses seulement existent : une mobilité scolaire internationale sur la période, et la seconde spécifique STHR.
- Un élève qui ne trouve aucun lieu d’accueil est pris en charge par son établissement.
Quand a lieu le stage de seconde et combien de temps dure-t-il ?
Le stage de seconde dure deux semaines et se déroule pendant le dernier mois de l’année scolaire, selon un calendrier national. Éduscol précise qu’il s’effectue sur le temps scolaire et qu’il correspond à la période des épreuves terminales du baccalauréat général et technologique. Ces dates sont revues chaque année d’après le calendrier des examens publié au Bulletin officiel de l’éducation nationale : celles de la session suivante ne se déduisent pas de 2026.
| Repère | Valeur pour la session 2026 | Organisme |
|---|---|---|
| Période du stage | du 15 au 26 juin 2026 inclus | service-public.gouv.fr |
| Durée | deux semaines | Éduscol, FAQ de février 2026 |
| Public | élèves de seconde générale et technologique des établissements publics et privés sous contrat des ministères de l’Éducation nationale et de l’Agriculture | service-public.gouv.fr |
| Candidatures sur la plateforme | ouvertes depuis le lundi 21 septembre, avec un compte Élève créé par ÉduConnect | 1élève1stage |
| Convention | obligatoire avant le départ | Éduscol, article D. 331-3 |
Les deux semaines sont en principe d’un seul tenant dans un seul lieu. Le chef d’établissement peut toutefois autoriser deux lieux successifs, une semaine chacun, si l’ensemble reste cohérent avec le projet d’orientation de l’élève.
Qui doit faire un stage de seconde, et qui en est dispensé ?
Tous les élèves de seconde générale et technologique doivent le faire, y compris les élèves inscrits au Cned en scolarité réglementée. Les élèves de moins de 16 ans sont concernés : leur présence en milieu professionnel est autorisée dès lors qu’ils restent sous l’autorité du chef d’établissement. Les sportifs de haut niveau y sont soumis aussi, mais ils peuvent le réaliser à n’importe quel moment de l’année de seconde.
Seuls deux cas de dispense sont prévus par la réglementation, selon Éduscol :
- l’élève engagé dans une mobilité scolaire européenne ou internationale, dans le cadre d’un contrat d’études, pendant la période du calendrier national ;
- l’élève de la seconde spécifique de la série technologique hôtellerie et restauration (STHR), qui effectue déjà un stage obligatoire de quatre semaines. S’il souhaite tout de même une séquence d’observation, il adresse une demande écrite à son chef d’établissement, à condition d’avoir déjà accompli ce stage de quatre semaines plus tôt dans l’année.
Certaines activités ne comptent pas. Un séjour d’agrément, touristique, linguistique, culturel ou récréatif, n’est pas un stage de seconde, en France comme à l’étranger. Le stage pratique du BAFA, en revanche, a été reconnu pour 2025-2026 : d’une durée de 14 jours, accompli du 15 au 26 juin 2026 inclus, il est considéré comme une modalité de la séquence d’observation, mais seulement pour sa partie pratique, jamais pour la partie théorique. Sur le BAFA lui-même, voir passer le BAFA.
Cette règle vise la seconde générale et technologique ; la voie professionnelle relève d’un autre régime, celui des périodes de formation en milieu professionnel.
Comment trouver un lieu d’accueil pour son stage de seconde ?
Le point de départ est la plateforme nationale 1élève1stage, qui regroupe les offres. L’élève y recherche par période, secteur et localisation, candidate une fois connecté à son espace avec ÉduConnect, suit ses candidatures et télécharge la convention type. Les professeurs et les psychologues de l’Éducation nationale accompagnent aussi la démarche.
Le choix de la structure est large : entreprises privées, micro-entreprises, associations, administrations, établissements publics, collectivités territoriales. Une liste d’associations agréées par le ministère de l’Éducation nationale existe sur education.gouv.fr. C’est le chef d’établissement qui apprécie si la structure, par le type d’observation qu’elle propose, convient à l’accueil d’élèves de seconde. Si aucun lieu n’est trouvé, pour l’une des deux semaines ou pour les deux, l’élève reste placé sous la responsabilité du chef d’établissement. Il est accueilli dans son lycée, en tenant compte de l’organisation des examens, pour des activités de découverte des métiers : programme de l’Onisep, activités encadrées ou autonomes, séquences à distance ou dans un CIO ou un CFA.
Que contient la convention, et qui doit la signer ?
La convention est le document qui rend le stage valable. Conformément à l’article D. 331-3 du code de l’éducation, sa signature est obligatoire ; elle est établie selon le droit français entre l’établissement de l’élève et l’organisme d’accueil, selon les modalités des articles D. 331-3 et D. 331-6. Elle précise les activités, les compétences visées et l’évaluation.
Trois parties la signent : le chef d’établissement et le responsable de la structure d’accueil, puis l’élève, ou ses représentants légaux s’il est mineur, qui attestent avoir pris connaissance de ses termes. Pour un accueil dans une école maternelle ou élémentaire, ce n’est pas le directeur d’école qui signe, mais le Dasen ou, par délégation, l’inspecteur de l’Éducation nationale de la circonscription.
La version dématérialisée de 1élève1stage n’est pas obligatoire : une convention papier est possible, mais la plateforme fait gagner en rapidité et en sécurité.
Pour un stage de seconde à l’étranger, trois conditions s’ajoutent : l’accord préalable du chef d’établissement, qui vérifie le suivi pédagogique pendant la mobilité, une convention rédigée en français avec le même modèle (une traduction peut s’y joindre), et la période de deux semaines du calendrier national.
Quels sont les droits de l’élève : gratification, horaires, assurance, tâches confiées ?
Le stage de seconde ne donne droit à aucune rémunération ni gratification de la part de la structure d’accueil. L’élève garde son statut scolaire, reste sous l’autorité du chef d’établissement, avec un référent dans l’établissement, et il est accompagné sur place par un tuteur désigné par l’organisme. Les élèves ne comptent pas dans le quota de stagiaires de l’entreprise : il s’agit d’une séquence d’observation, qui ne peut pas remplacer un emploi.
Les horaires doivent respecter le code du travail, selon Éduscol :
| Règle | Limite |
|---|---|
| Heure de fin | jamais au-delà de 20 h |
| Heure de début | jamais avant 6 h |
| Durée quotidienne | 7 heures au plus |
| Durée hebdomadaire | 35 heures au plus |
| Repos quotidien | 14 heures consécutives au minimum |
| Repos hebdomadaire | 2 jours consécutifs |
| Pause | 30 minutes consécutives dès 4 h 30 de présence |
Exemple : une journée de 9 h à 12 h 30, puis de 13 h 30 à 17 h, représente 7 heures de présence avec une pause d’une heure, soit 35 heures sur cinq jours. L’élève qui termine à 17 h ne peut pas reprendre avant 7 h le lendemain, pour respecter les 14 heures de repos. Si l’activité le justifie, une partie du stage peut avoir lieu un jour sans cours, week-end compris, dans ces limites.
Côté assurance, une assurance scolaire couvrant la responsabilité civile et les dommages corporels en milieu professionnel est vivement recommandée à l’élève majeur ou aux responsables légaux. L’organisme d’accueil, hors services de l’État qui sont leur propre assureur, garantit sa propre responsabilité civile (articles 1240 à 1242 du code civil).
Pendant le stage de seconde, l’élève peut mener des enquêtes liées à ses enseignements et participer à des activités de la structure, des essais ou des démonstrations, sous le contrôle de personnes responsables (article D. 331-8 du code de l’éducation). Pour un mineur, certains travaux dangereux restent interdits, comme l’exposition à des agents chimiques ou biologiques dangereux, le risque électrique, la conduite d’engins automoteurs ou le service dans un débit de boissons.
Que faire du stage de seconde ensuite : rapport et orientation ?
Le rapport écrit n’est pas obligatoire. Selon la FAQ d’Éduscol de février 2026, la rédaction d’un rapport de restitution est optionnelle. Le stage peut en revanche donner lieu à une exploitation pédagogique en classe de première : les élèves échangent en groupe sur l’expérience et expliquent en quoi la séquence a conforté ou fait évoluer leur choix d’orientation ou leur projet de poursuite d’études. Si un professeur demande un compte rendu, un exemple de rapport de stage donne une idée de la forme à adopter, et le tuteur tient avec l’élève des moments de bilan pendant les deux semaines.
Questions fréquentes
Un élève de seconde de moins de 16 ans peut-il faire le stage ?
Oui. La présence d’élèves de moins de seize ans en milieu professionnel est autorisée dès lors qu’ils restent sous l’autorité de leur chef d’établissement. L’établissement vérifie que les tâches confiées respectent la convention et la sécurité de l’élève.
Un sportif de haut niveau doit-il faire le stage de seconde sur les mêmes dates ?
Non. Les élèves sportifs de haut niveau restent soumis à l’obligation, mais leur établissement peut leur accorder des modalités dérogatoires : ils peuvent réaliser leur stage à tout moment de l’année de seconde.
L’élève peut-il rester seul pendant la pause du déjeuner ?
Oui. Le modèle de convention ne prévoit pas de surveillance de la pause méridienne, et l’organisme d’accueil n’a pas à l’assurer. L’élève peut donc être sans adulte à ce moment-là.
Comment se passe le stage pour un élève en situation de handicap ?
L’élève bénéficie de son projet personnalisé de scolarisation (PPS). L’équipe éducative, avec l’enseignant référent, vérifie l’accessibilité du stage et les compensations nécessaires. Les responsables légaux informent le lieu d’accueil de l’existence du PPS.
Le tuteur peut-il emmener l’élève en voiture ?
Seulement si la convention le prévoit, dans la rubrique des activités. Si l’une des parties signataires s’y oppose, l’élève ne peut pas être transporté par la structure.
Sources
- Ministère de l’Éducation nationale, Éduscol, « La séquence d’observation en milieu professionnel, seconde générale et technologique, foire aux questions », février 2026, consultée le 20 octobre 2026. https://eduscol.education.gouv.fr/sites/default/files/document/faq-les-sequences-d-observation-en-classe-de-seconde-du-lycee-general-et-technologique-104763.pdf
- Service-public.gouv.fr, « Séquence d’observation : 1élève1stage », mise à jour du 12 février 2026, consultée le 20 octobre 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18028?lang=fr
- Ministère de l’Éducation nationale, plateforme 1élève1stage, page d’accueil, consultée le 20 octobre 2026. https://1eleve1stage.education.gouv.fr


