Éco-délégué : rôle, élection et missions dans l’année
La rédaction de Monde Pluriel · 2 novembre 2026 · 8 min

Quand une classe élit ses délégués, une autre candidature s’ajoute désormais : celle de l’éco-délégué, que l’on imagine chargé du tri, de la lumière restée allumée et du gaspillage à la cantine. Le titre est plus large et plus encadré que cela. Il suppose un mandat, des textes, des adultes référents et une année à remplir, que les élèves, leurs parents et les équipes découvrent rarement en même temps, au risque d’un élan qui retombe dès novembre.
En bref.
- L’élection d’un éco-délégué par classe est obligatoire dans toutes les classes de collège et de lycée depuis la rentrée de septembre 2020 (circulaire de rentrée du 10 juillet 2020) et encouragée en CM1 et CM2 ; l’éco-délégué est élu pour un an.
- Ses missions tiennent en quatre rôles décrits par l’ADEME : relais, ambassadeur, moteur d’actions et garant de leur évaluation.
- Il propose et porte des actions (tri, gaspillage, énergie, biodiversité), mais c’est le chef d’établissement qui donne son accord aux projets.
- Un référent éducation au développement durable (EDD) l’encadre ; il siège au comité de pilotage et peut s’appuyer sur le conseil de la vie collégienne (CVC) ou lycéenne (CVL) et sur la démarche E3D.
- En fin d’année, les actions peuvent concourir au prix de l’action éco-déléguée de l’année.
Qui est éco-délégué, dans quelles classes et pour combien de temps ?
Le terme d’éco-délégué désigne un élève choisi dans sa classe pour promouvoir les comportements respectueux de l’environnement et proposer des initiatives dans son école ou son établissement. Le dispositif est né d’une proposition du Conseil national de la vie lycéenne dans les huit mesures pour l’éducation au développement durable d’avril 2019, rappelle l’académie de Nancy-Metz. La circulaire n° 2019-121 du 27 août 2019 (Bulletin officiel n° 31 du 29 août 2019) invitait chaque établissement à organiser cette élection ; la circulaire de rentrée du 10 juillet 2020 l’a rendue obligatoire.
Éduscol confirme que, depuis septembre 2020, l’élection des éco-délégués est obligatoire dans toutes les classes de collège et de lycée, et encouragée pour les classes de CM1 et CM2.
La règle est celle d’un éco-délégué par classe, élu pour un an, selon les guides de l’ADEME de 2020. Les textes engagent à renouveler l’élection chaque année, mais un mandat de deux ans « n’est pas impossible » pour mener un projet plus long, précise l’académie de Nancy-Metz.
Comment se déroule l’élection d’un éco-délégué ?
L’élection d’un éco-délégué peut se tenir en même temps que celle des délégués de classe et selon les mêmes modalités, d’après la circulaire de 2019 citée par l’académie de Lyon. Les deux scrutins restent distincts : selon l’académie de Nancy-Metz, les délégués agissent sur un temps court, les éco-délégués ont besoin de plus de temps et d’une action à l’échelle de l’établissement.
La même académie recommande de former les élèves avant l’élection, puis tout au long du mandat, et de rappeler aux candidats qu’ils restent d’abord des élèves : les missions ne doivent pas occulter leur scolarité. L’association Teragir (Éco-École) propose des pistes pour organiser le scrutin.
Pour le cycle 3, le guide du professeur d’Éduscol (novembre 2021) propose :
- un photolangage pour recueillir les représentations des élèves, puis un débat mouvant sur le développement durable ;
- deux éco-délégués par école, une fille et un garçon si possible, l’égalité filles-garçons étant à observer ;
- une élection fixée la même semaine dans les écoles du secteur et le collège, dans le cadre du conseil école-collège (CEC) de juin ;
- un lien établi ensuite avec les éco-délégués de 6e.
Quelles missions les textes confient-ils à l’éco-délégué ?
Les textes confient à l’éco-délégué un rôle de sensibilisation, de proposition et d’action collective, que les guides de l’ADEME ramènent à quatre rôles. La circulaire de 2019 lui assigne de « promouvoir les comportements respectueux de l’environnement » et de proposer « toute initiative de nature à contribuer à la protection de l’environnement dans son établissement ».
| Rôle | Ce que l’éco-délégué fait | Où cela se joue |
|---|---|---|
| Relais | Transmet des informations à ses camarades, remonte leurs idées aux instances, informe des projets auxquels chacun peut s’associer | En classe et devant les instances |
| Ambassadeur | Représente l’établissement lors d’événements locaux, régionaux ou nationaux et peut siéger au comité de pilotage E3D | Comité de pilotage, rencontres entre établissements |
| Moteur d’actions | Met en place des actions et les fait connaître : affiches, journal ou site de l’établissement, réseaux sociaux | Dans tout l’établissement |
| Garant | Participe aux enquêtes et aux évaluations des projets | Bilans en fin de projet |
L’ADEME prévoit qu’il siège aussi au comité d’éducation à la santé, à la citoyenneté et à l’environnement (CESCE) et à la commission restauration. Il ne décide pas seul : le chef d’établissement prend les décisions importantes et donne son accord aux projets, et le gestionnaire conseille sur la mise en œuvre matérielle, administrative et financière.
Que peut lancer un éco-délégué : tri, gaspillage, énergie, biodiversité ?
Un éco-délégué peut lancer des actions sur les déchets, le gaspillage alimentaire, l’énergie, la biodiversité, les déplacements ou la solidarité, à condition qu’elles soient réalisables dans l’établissement. L’ADEME recommande de commencer par une enquête de terrain, menée par exemple avec le professeur principal : absence de poubelle de tri, salle peu aérée, lumière allumée en plein jour, repas trop abondants au restaurant scolaire. Trois à cinq actions suffisent pour démarrer, ajoute-t-elle.
Les exemples cités par l’ADEME et l’académie de Nancy-Metz se classent par thème :
- Tri et déchets : une boîte de recyclage du papier dans chaque salle, un point de collecte (cartouches d’encre, piles, stylos) dans le hall, un troc d’objets, le compostage des déchets du restaurant scolaire.
- Gaspillage alimentaire : des pesées régulières de ce qui est jeté, un « gâchimètre » pour mesurer le pain gaspillé, des propositions aux responsables de la restauration.
- Énergie : des campagnes d’économies d’énergie, le repérage des éclairages inutiles.
- Biodiversité et cadre de vie : nichoirs, hôtels à insectes, plantes mellifères, jardin partagé, végétalisation des espaces extérieurs.
- Déplacements, numérique, solidarité : un calcul du CO2 évité en ne venant pas en voiture, des affiches sur l’impact du numérique, des collectes de vêtements ou d’objets de seconde main.
La plateforme Trousse à projets permet de chercher un financement participatif pour un projet pédagogique.
Qui accompagne l’éco-délégué, et comment s’articule-t-il avec le CVC, le CVL et le label E3D ?
L’éco-délégué est accompagné par le référent EDD de l’établissement, un enseignant, un conseiller principal d’éducation (CPE) ou un documentaliste, qui encadre les éco-délégués. Selon le guide de l’ADEME pour les lycées, il diffuse les informations académiques et nationales, conseille les projets et noue des partenariats avec les collectivités et les associations.
Le comité de pilotage EDD, mis en place dans certains établissements depuis la rentrée 2020, réunit le chef d’établissement ou son représentant, deux éco-délégués élus, l’adjoint gestionnaire, des professeurs et les personnels qui encadrent les éco-délégués. Les élèves y sont associés à des choix concrets et au suivi de la labellisation E3D, détaillée dans l’article sur le label E3D.
Le conseil de la vie collégienne ou lycéenne est le second relais. L’ADEME invite le collégien à y proposer ses idées pour qu’elles entrent dans le programme de travail de l’établissement ; l’académie de Nancy-Metz recommande d’articuler l’action des éco-délégués avec celle des instances (CVC, CVL, CESCE, conseil d’administration). Pour se former, le réseau Canopé propose le parcours M@gistère « Engager des éco-délégués » ; les ressources nationales sont présentées dans la page Éduscol et ses ressources.
À quoi ressemble une année d’éco-délégué ?
Une année d’éco-délégué commence par l’élection à la rentrée, puis une enquête de terrain et le choix de trois à cinq actions, présentées au chef d’établissement et à l’instance de l’élève (CVC ou CVL). En novembre, la Semaine européenne de réduction des déchets, mentionnée par l’ADEME, offre l’occasion d’une action visible. C’est un exemple à adapter : aucun texte n’impose de calendrier national.
L’ADEME conseille de noter sur un cahier les grandes étapes et les difficultés, puis d’évaluer chaque projet à son terme. En fin d’année, le prix de l’action éco-déléguée de l’année désigne des lauréats académiques et nationaux par catégories école, collège et lycée : l’établissement transmet au rectorat une courte vidéo et un texte d’explication, ; les lauréats nationaux reçoivent une dotation du ministère.
Questions fréquentes
Un élève peut-il être éco-délégué sans avoir été élu ?
Oui : l’académie de Lyon précise que les éco-délégués peuvent être élus ou volontaires, et que l’engagement en faveur de la transition écologique ne leur est pas réservé, puisqu’il appartient à tous. Un élève non élu peut donc participer aux actions et aux projets de l’établissement.
L’engagement d’un éco-délégué apparaît-il dans son dossier scolaire ?
Il peut être valorisé, dans le bulletin par exemple, selon l’académie de Lyon. L’ADEME ajoute que les compétences acquises (gestion de projet, travail en équipe, prise de parole) sont valorisables pour les études et le projet professionnel.
Un éco-délégué agit-il seul dans sa classe ?
Non : l’ADEME précise qu’un éco-délégué ne travaille pas seul, mais avec tous les autres éco-délégués élus et les adultes référents de son établissement. Dans un collège, il propose ses idées au conseil de la vie collégienne et aux professeurs référents.
Vers qui se tourner quand on ne sait pas par où commencer ?
Le premier interlocuteur est le professeur principal, qui met en relation avec les personnes référentes de l’établissement, dont le référent EDD. Dans un établissement labellisé E3D ou Éco-École, l’éco-délégué trouve des adultes déjà impliqués dans des programmes d’actions, précise l’ADEME.
Existe-t-il un guide conçu pour les élèves éco-délégués ?
Oui : l’ADEME publie un guide de l’éco-délégué au collège et un autre au lycée (octobre 2020), élaborés avec le ministère. Pour le cycle 3, Éduscol propose une plaquette destinée aux élèves.
Sources
- Éduscol, « Les éco-délégués à l’école, cycle 3 », consultée le 20 octobre 2026, https://eduscol.education.fr/document/33470/download
- Éduscol, « Les éco-délégués à l’école, cycle 3 : guide du professeur », novembre 2021, consultée le 20 octobre 2026, https://eduscol.education.fr/document/33464/download
- ADEME et ministère de l’Éducation nationale, « Le guide de l’éco-délégué au collège », octobre 2020, consultée le 20 octobre 2026, https://librairie.ademe.fr/index.php?controller=attachment&id_attachment=5105&preview=1
- ADEME et ministère de l’Éducation nationale, « Le guide de l’éco-délégué au lycée », consultée le 20 octobre 2026, https://eduscol.education.fr/document/3883/download?attachment
- Académie de Lyon, « Éco-délégués, élus ou volontaires : quels sont leur rôle et missions ? », consultée le 20 octobre 2026, https://edd.enseigne.ac-lyon.fr/spip/spip.php?article546=
- Académie de Nancy-Metz, « Guide et ressources relatifs aux éco-délégués, 2022-2023 », 12 juillet 2022, consultée le 20 octobre 2026, https://sites.ac-nancy-metz.fr/edd/wp-content/uploads/Ressources-eco-delegues.pdf
- Académie de Toulouse, « Pour les éco-délégués », consultée le 20 octobre 2026, https://disciplines.ac-toulouse.fr/edd/sengager-dans-une-demarche/pour-les-eco-delegues


