Contrat d’alternance : apprentissage ou professionnalisation, lequel choisir ?
La rédaction de Monde Pluriel · 4 novembre 2026 · 8 min

Deux contrats portent le nom d’alternance, et ils se ressemblent assez pour que beaucoup de candidats les confondent au moment de signer. Tous deux sont de vrais contrats de travail, tous deux partagent le temps entre une entreprise et un centre de formation, et pourtant ils ne s’adressent pas aux mêmes publics, ne rémunèrent pas selon la même grille et ne se rompent pas de la même façon. Choisir le mauvais, c’est parfois perdre plusieurs centaines d’euros par mois.
En bref.
- Le contrat d’apprentissage prépare un diplôme ou un titre et s’adresse aux 16 à 29 ans révolus ; le contrat de professionnalisation vise une qualification et s’adresse aux 16 à 25 ans ainsi qu’aux demandeurs d’emploi de 26 ans et plus.
- Un apprenti de 18 à 20 ans touche au minimum 43 % du SMIC la première année, soit 802,82 € bruts par mois ; un salarié en professionnalisation de moins de 21 ans touche 55 % ou 65 % du SMIC selon qu’il détient ou non un bac professionnel ou équivalent (service-public.gouv.fr, pages vérifiées en 2026).
- L’apprentissage dure de 6 mois à 3 ans en contrat à durée déterminée, la professionnalisation de 6 à 12 mois en règle générale, avec des prolongations possibles.
- Sans employeur à la rentrée, un candidat à l’apprentissage peut suivre le cycle en CFA pendant 3 mois au plus (article L. 6222-12-1 du code du travail).
- Pendant les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise, un contrat d’apprentissage se rompt librement par écrit.
Quelles différences entre un contrat d’apprentissage et un contrat de professionnalisation ?
Un contrat d’alternance est un contrat de travail qui partage le temps entre une entreprise et une formation. Le contrat d’apprentissage alterne des périodes de formation en entreprise et en centre de formation d’apprentis (CFA), avec pour objet de préparer un diplôme ou un titre, mention obligatoire du contrat (service-public.gouv.fr). Le contrat de professionnalisation alterne lui aussi formation pratique en entreprise et enseignement dans un organisme public ou privé, et permet d’acquérir une qualification (code.travail.gouv.fr).
| Critère | Contrat d’apprentissage | Contrat de professionnalisation |
|---|---|---|
| Âge | 16 ans minimum (15 ans dans certains cas), 29 ans révolus au plus, jusqu’à 35 ans dans des cas définis | 16 à 25 ans ; au-delà, demandeurs d’emploi de 26 ans et plus et bénéficiaires de minima sociaux |
| Type de contrat | CDD de 6 mois à 3 ans (4 ans pour un apprenti en situation de handicap ou un sportif de haut niveau), ou CDI débutant par une période d’apprentissage | CDD de 6 à 12 mois (24 ou 36 mois dans certains cas), ou CDI dont l’action de professionnalisation dure 6 à 12 mois |
| Formation | 25 % minimum de la durée totale du contrat en CFA | Au moins 150 heures par an ; 15 à 25 % de la durée du contrat en CDD |
| Rémunération | De 27 % à 100 % du SMIC selon l’âge et l’année | De 55 % à 100 % du SMIC selon l’âge et le diplôme |
Le choix tient d’abord à l’objectif. Un lycéen, un étudiant ou un jeune qui prépare un CAP, un bac professionnel ou une licence professionnelle relève de l’apprentissage. Un demandeur d’emploi de 30 ans qui cherche une qualification n’a plus accès à l’apprentissage, sauf dérogation, et se tourne vers la professionnalisation.
Quel salaire pour un apprenti selon l’âge et l’année de contrat ?
Un apprenti perçoit un pourcentage du SMIC qui dépend de son âge et de l’année d’exécution de son contrat. Les montants ci-dessous reposent sur un SMIC brut mensuel de 1 867,02 € pour 35 heures par semaine (arrêté du 22 mai 2026) et sont des minimums légaux (service-public.gouv.fr, page vérifiée le 8 septembre 2026).
| Année de contrat | 16-17 ans | 18-20 ans | 21-25 ans | 26 ans et plus |
|---|---|---|---|---|
| 1re année | 27 % (504,09 €) | 43 % (802,82 €) | 53 % (989,52 €) | 100 % du SMIC |
| 2e année | 39 % (728,14 €) | 51 % (952,18 €) | 61 % (1 138,88 €) | 100 % du SMIC |
| 3e année | 55 % (1 026,86 €) | 67 % (1 250,90 €) | 78 % (1 456,27 €) | 100 % du SMIC |
À partir de 21 ans, le minimum conventionnel de la branche s’applique s’il est plus élevé que le pourcentage du SMIC.
Pour un salarié en professionnalisation, la grille ne dépend pas de l’année de contrat mais de l’âge et du niveau d’entrée :
| Âge | Sans bac professionnel | Avec bac professionnel ou équivalent |
|---|---|---|
| Moins de 21 ans | 55 % (1 026,86 €) | 65 % (1 213,57 €) |
| 21 à moins de 26 ans | 70 % (1 306,92 €) | 80 % (1 493,62 €) |
| 26 ans et plus | 100 % du SMIC (1 867,02 €) | sans objet |
Un exemple montre l’effet du changement d’âge : une personne titulaire d’un bac professionnel, en professionnalisation à 20 ans, gagne 1 213,57 € bruts par mois. Le premier jour du mois qui suit son 21e anniversaire, elle passe à 80 % du SMIC, soit 1 493,62 €, soit 280,05 € de plus. En revanche, le passage à 26 ans en cours de contrat ne déclenche aucune hausse (service-public.gouv.fr, page vérifiée le 22 juillet 2026).
Quels sont les droits d’un salarié en contrat d’alternance au quotidien ?
Un apprenti majeur travaille 35 heures par semaine, et le temps passé en CFA compte comme du temps de travail effectif. Un apprenti mineur est limité à 35 heures par semaine et 8 heures par jour, avec deux jours de repos consécutifs, une pause de 30 minutes après 4 h 30 de travail continu et l’interdiction du travail de nuit, de 22 h à 6 h pour les 16-18 ans. Le bâtiment, les travaux publics et les travaux paysagers connaissent des exceptions (service-public.gouv.fr).
Le salarié dispose de 5 semaines de congés payés par an, dont l’employeur fixe la période. Avant les épreuves, 5 jours ouvrables rémunérés s’ajoutent, à prendre dans le mois qui précède l’examen.
Aucune somme ne peut être demandée à l’apprenti ou à son représentant légal lors de la conclusion, du dépôt ou de la rupture du contrat. La formation d’un salarié en professionnalisation est, elle aussi, gratuite. Lorsqu’un apprenti est embauché à l’issue de son contrat, aucune période d’essai ne peut lui être imposée, sauf clause conventionnelle contraire. Un jeune qui cumule études et emploi peut aussi lire notre page sur le job étudiant pour comparer les statuts.
Comment rompre un contrat d’alternance avant son terme ?
La rupture d’un contrat d’apprentissage est libre pendant les 45 premiers jours, consécutifs ou non, de formation pratique en entreprise : l’employeur comme l’apprenti peuvent y mettre fin par écrit. Passé ce délai, il faut un accord commun, la saisine du médiateur, l’obtention anticipée du diplôme avec un préavis écrit d’un mois, ou une procédure initiée par l’employeur pour motif grave (service-public.gouv.fr).
Un apprenti qui perd son employeur sans en retrouver ne reste pas sans formation. Il peut poursuivre la théorie en CFA pendant 6 mois comme stagiaire de la formation professionnelle, avec ses droits sociaux.
Le contrat de professionnalisation obéit à d’autres règles : en CDD, ce sont celles de la rupture d’un CDD ; en CDI, celles d’un CDI, à l’initiative de l’employeur ou du salarié. Lorsqu’un CDD de professionnalisation se transforme en CDI, aucune période d’essai ne peut être imposée et la durée du contrat compte dans l’ancienneté.
Que faire si l’on n’a pas d’employeur à la rentrée ?
Un candidat à l’apprentissage sans employeur peut commencer son cycle de formation en CFA et chercher son entreprise en parallèle, pendant 3 mois au plus. L’article L. 6222-12-1 du code du travail l’autorise aux personnes de 16 à 29 ans révolus, ou de 15 ans révolus ayant achevé le premier cycle de l’enseignement secondaire. Le jeune a alors le statut de stagiaire de la formation professionnelle et le CFA doit l’aider à trouver un employeur (code.travail.gouv.fr).
Si un contrat est signé en cours de route, sa durée est réduite du nombre de mois déjà passés dans ce cycle. Un jeune qui entre en CFA en septembre et signe en novembre, après 2 mois, voit ainsi un contrat de 24 mois ramené à 22 mois.
Pour trouver un employeur, le service public La bonne alternance réunit des offres en alternance, des formations et des entreprises proches, et signale celles qui recrutent souvent grâce à une analyse de France Travail, avec le tag « candidature spontanée ». La rubrique Formation de Monde Pluriel rassemble les autres articles sur les parcours et les diplômes.
Quelles aides l’employeur touche-t-il pour recruter un apprenti ?
Pour un contrat d’apprentissage signé à partir du 8 mars 2026 dans une entreprise de moins de 250 salariés, l’employeur peut obtenir l’aide unique, de 5 000 € au plus pour un diplôme jusqu’au niveau 4 (baccalauréat), ou l’aide exceptionnelle de 4 500 € pour un niveau 5 et de 2 000 € pour un niveau 7. L’aide exceptionnelle suppose un début de contrat avant le 1er janvier 2027. Dans une entreprise de 250 salariés ou plus, seule l’aide exceptionnelle s’applique : 2 000 € jusqu’au niveau 4, 1 500 € au niveau 5, 750 € au niveau 7, sous conditions de part d’alternants vérifiées au 31 décembre 2027 (entreprendre.service-public.gouv.fr, page vérifiée le 22 juillet 2026).
L’aide ne couvre que la première année de contrat, proratisée à la durée réelle. Elle monte à 6 000 € au plus pour un apprenti en situation de handicap. Elle est versée chaque mois sans demande séparée, après déclaration de l’embauche dans la DSN.
Questions fréquentes
Peut-on préparer une licence professionnelle en apprentissage ?
Oui. La licence professionnelle préparée en un an figure parmi les diplômes cités pour l’apprentissage. Sa rémunération correspond à celle d’une deuxième année de contrat, soit 51 % du SMIC à 18-20 ans et 61 % à 21-25 ans.
Le salaire d’un apprenti peut-il être majoré ?
Oui. Le pourcentage légal est augmenté de 15 points si le contrat dure un an au plus, prépare un diplôme de même niveau que le précédent et correspond à une qualification directement liée à celui-ci. Un apprenti à 51 % du SMIC passe ainsi à 66 %. Cette majoration ne s’applique pas au minimum fixé par une convention collective.
Qui peut être maître d’apprentissage ?
Un salarié volontaire et majeur de l’entreprise, ou l’employeur lui-même, qui justifie d’un diplôme du même domaine et d’un an de pratique, ou de 2 ans de pratique sans diplôme. Un maître d’apprentissage suit au plus 2 apprentis, plus 1 redoublant.
Une prime de précarité est-elle due à la fin d’un CDD de professionnalisation ?
Non, aucune indemnité de fin de contrat n’est due à l’issue d’un contrat de professionnalisation en CDD.
Un apprenti de moins de 16 ans est-il payé moins que les autres ?
Non. Un apprenti de moins de 16 ans reçoit la rémunération prévue pour les 16-17 ans, soit 27 % du SMIC la première année.
Sources
- Service-public.gouv.fr, « Contrat d’apprentissage », consultée le 20 octobre 2026, https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2918
- Service-public.gouv.fr, « Contrat de professionnalisation », consultée le 20 octobre 2026, https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F15478
- Service-public.gouv.fr, « Salaire minimum de croissance (Smic) », consultée le 20 octobre 2026, https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2300
- Service-public.fr Entreprendre, « Aide à l’embauche d’un apprenti », consultée le 20 octobre 2026, https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F23556
- Code du travail numérique, « Article L. 6222-12-1 du code du travail », consultée le 20 octobre 2026, https://code.travail.gouv.fr/code-du-travail/l6222-12-1
- Code du travail numérique, « Contrat de professionnalisation », consultée le 20 octobre 2026, https://code.travail.gouv.fr/fiche-service-public/contrat-de-professionnalisation
- La bonne alternance, « Trouvez votre alternance », consultée le 20 octobre 2026, https://labonnealternance.apprentissage.beta.gouv.fr/


